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mercredi 21 avril 2021

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« Les concepts de la ville de demain jailliront du Sud »

Othmane Bengebara, co- fondateur de New South

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Entretien avec Othmane Bengebara, directeur du projet et co-fondateur de New South et Sophia Bengebara, co-fondatrice de New South Morocco

A+E // Qui est New South ? 

Othmane Bengebara // New South est une plateforme de recherche, formée par un groupe d’architectes et d’urbanistes qui s’intéressent à la question de la métamorphose des métropoles du sud. L’association a été formé en 2015 et depuis nous essayons de collecter et de diffuser des contenus à vocations culturelles qui construisent une vision positive de la métropole dans les pays en voie de développement et de leur devenir. 

A+E // Quelles sont les activités de votre association ?

Othmane Bengebara // Nous agissons entre les deux rives de la méditerranée, en organisant des événements, conférences, workshops et expositions. Nous avons récemment participé à la 4ème biennale de design d’Istanbul où nous y avons présenté un tapis tissé traitant du sujet méditerranéen. Nous avons aussi lancé un cycle de recherche qui s’appelle « l’odyssée de l’espace domestique » qui nous a amené à Dakar, Alger et Addis Abeba ou nous y avons construit un pavillon. Une réflexion sur l’héritage de l’habitat et sur la nécessité de la réinventer face à la standardisation des espaces mondialisés. 

A+E // Quelle vision portez-vous sur la métropole du sud ? 

Othmane Bengebara // Nous pensons que les concepts de la ville de demain jailliront du sud. Ces métropoles sont en pleine croissance et font faces à des problématiques contemporaines. Elles sont des territoires d’expérimentation incroyable pour réinventer les modèles de demain. À l’heure actuelle, nous assistons à l’émergence d’une nouvelle pensée de la ville, qui n’est malheureusement pas diffusé. Nous essayons d’aller à la rencontre des personnes qui produisent une vision. 

A+E // Vous interrogez de nouvelles pratiques et configuration pour faire la ville de demain. Pourquoi à votre avis la ville ne doit plus se faire de la même manière ? 

Othmane Bengebara // Aujourd’hui la conception de la ville se fait de manière générique et suit des modèles importés et préétablis. Pourtant, les modèles des villes occidentales ont prouvé leur limites : elles produisent un environnement inéquitable, ségrégatif et non durable. Les consommations énergétiques explosent et les ressources naturelles s’épuisent. 

La problématique urbaine doit donc être au centre des attentions. Nos civilisations sont en train de se heurter aux réalités d’un modèle économique qui peut mettre en péril nos civilisations. Demain, la majorité de la population mondiale sera concentré dans les villes. C’est là où, tout se jouera. Il faut réinventer la ville, c’est un enjeu majeur. 

A+E // Qu’est ce que représente pour vous le projet du « Nuage » ? 

Sophia Bengebara // Au-delà de l’installation artistique, le Nuage est une œuvre expérimentale qui se veut participative. C’est le début de quelque chose, d’une histoire commune. D’ailleurs, ce projet se poursuivra par la suite avec un cycle de recherche où les participants seront amenés à développer des projets fantasmatiques autour de la vallée, sous forme de cartographies et de contes. L’appel à projet sera ouvert à différents profils : étudiants, artistes, architectes, acteurs de la société civile etc. qui seront invités à s’emparer des problématiques urbaines. 

A+E // Vous parlez souvent de récit, d’une nécessité de construire une histoire commune, quelle place à la narration dans le processus créatif ? 

Sophia Bengebara // La narration c’est une manière d’appréhender les réalités. Une forme de méthodologies qui nous amène à réfléchir et à faire réfléchir différemment. Un objet, une conversation, une matière peut être le début d’un projet. Construire de la narration c’est aussi permettre aux autres de s’y retrouver, de s’identifier à un récit, de se sentir impliqué. Aujourd’hui l’architecture, comme toutes les autres formes d’expressions dans l’espace, doit se rapprocher des personnes qui ne connaissent pas forcément les codes établies. 

 

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Lina Meskine
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