Rida Hbibi – concevoir et bâtir durable

COLLECTOR DES ARCHITECTES ÉMERGENTS - VOLUME I

RIDA HBIBI

Prônant une architecture respectueuse de l’homme et de son environnement naturel, Rida Hbibi intègre une démarche environnementale visant le meilleur compromis entre les principes suivants : l’optimisation du confort des usagers ; l’exploitation du site et du climat ; l’utilisation des matériaux respectueux de l’environnement ; la promotion des énergies renouvelables et la rationalisation de la gestion du cycle de l’eau. Des principes que l’architecte s’efforce de mettre en contexte pour chacun de ses projets en s’inspirant du très riche héritage architectural en la matière.


1 // VILLA M.S.- MARRAKECH

Située dans une zone résidentielle relativement dense de la ville de Marrakech, la villa se devait de préserver l’intimité de ses propriétaires tout en leur offrant des espaces intérieurs noyés de lumière naturelle. De plus, le climat semi-aride de la ville, très chaud en été et assez rude en hiver, exigeait l’adoption d’une protection thermique adéquate du bâtiment pour assurer un confort optimal de ses occupants. Ainsi, des persiennes coulissantes en moucharabiehs viennent couvrir, selon le besoin, les baies vitrées de la villa afin de contrôler le pourcentage d’énergie solaire incidente sur le vitrage d’une part, et d’autre part pour garder les propriétaires à l’abri des éventuels regards indiscrets des voisins. Par ailleurs, l’enveloppe compacte de la villa adopte le principe d’une isolation répartie qui permet au bâtiment de « respirer » en ayant une bonne inertie, contrairement à une isolation par l’intérieur classique, par des murs extérieurs constitués de blocs à base de pierre ponce et une toiture terrasse recouverte de panneaux en liège expansé naturel. Pour renforcer davantage la protection thermique de l’enveloppe, les parois vitrées sont non seulement en double vitrage, mais aussi de dimensions, de formes et de positions dictées par leurs orientations respectives.

Quant à l’intérieur de la demeure, il est structuré autour d’un petit atrium accolé à l’escalier principal. Allant du sous- sol jusqu’à la terrasse en passant par le rez-de-chaussée et l’étage, cet atrium permet non seulement de garder une communication visuelle entre ces différents niveaux, mais aussi de jouer le rôle d’un vrai régulateur thermique de l’ambiance intérieure, notamment en été. En effet, en montant jusqu’au point le plus culminant de la maison en terrasse, l’atrium peut agir tantôt tel un capteur d’air frais quand l’extérieur est venté laissant ainsi pénétrer la moindre brise fraîche jusqu’au sous-sol, tantôt tel un extracteur d’air chaud, par effet de cheminée, chassant l’air intérieur chaud et vicié. Cette régulation thermique est assurée par l’ouverture ou la fermeture des fenêtres en terrasse de l’atrium suivant leurs orientations par rapport aux sens des vents. Par ailleurs, la fermeture totale des ouvertures en terrasse annule l’ensemble de ces effets, notamment en saisons froides.


2 // VILLA M.D. – MARRAKECH

Le concept de cette villa a été dicté par sa situation exceptionnelle au pied du Haut Atlas dans la région de Marrakech. Volontairement ouverte au minimum, la façade nord sur rue ne laisse rien apparaitre de l’extérieur afin d’en mettre plein la vue aux visiteurs, une fois à l’intérieur. En effet, l’aménagement résolument ouvert du rez-de- chaussée permet, par le biais de grandes baies vitrées orientées sud, de profiter continûment du jardin extérieur, de la piscine et des montagnes de l’Atlas. Les baies vitrées au sud sont protégées par des saillies sous forme de terrasses et d’auvents munis de brise-soleil les empêchant d’être une source de surchauffe en été tout en leur permettant de contribuer au confort thermique en hiver. La régulation thermique intérieure est assurée, une nouvelle fois, par un capteur d’air prenant la forme d’un atrium traversant les trois niveaux de la villa. Quant à la pierre utilisée en façade, elle assure une isolation répartie en renforçant l’inertie du bâtiment.


3 // VILLA S.E. – BOUSKOURA

Nichée en plein cœur de la ville verte de Bouskoura, cette villa ambitionne d’estomper les frontières entre les espaces intérieurs et extérieurs afin de procurer aux propriétaires le sentiment d’être perpétuellement en contact avec le paysage golfique environnant tout en profitant des bienfaits du microclimat de la région. De ce fait, le rez-de-chaussée a été pensé comme une succession d’espaces aux délimitations à peine visibles afin de profiter du paysage extérieur où que l’on soit. Les murs extérieurs en pierre naturelle viennent renforcer l’intégration du projet à son environnement tout en lui conférant une bonne inertie. De plus, le bâtiment fait appel à plusieurs principes bioclimatiques, notamment une bonne répartition des ouvertures entre les façades nord et sud afin de favoriser un bon apport en lumière naturelle, une bonne ventilation naturelle transversale en évitant les surchauffes en été ainsi qu’un bon confort thermique en hiver.


4 // FONDOUK EL KABBAJ

Après plus de deux siècles d’existence, le fondouk El Kabbaj a inéluctablement fini par se délabrer jusqu’à tomber partiellement en ruine sous l’effet du temps et du climat. Le projet de restauration et de réhabilitation du fondouk, en cours, rentre dans le cadre du programme de mise en valeur de la ville de Marrakech. L’idée louable derrière ce projet consiste à restaurer à l’identique les ateliers du fondouk, dédiés en grande partie au travail du cuir, en faisant appel aux savoir-faire ancestraux, notamment dans la construction en brique de terre cuite et la mise en œuvre des mortiers traditionnels à base de chaux ; dans la fabrication des planchers traditionnels en bois composés de poutres « qantra », de solives « gaïza » et de voliges « worka »; mais aussi dans le façonnage des menuiseries traditionnelles en bois et en fer forgé. Ainsi, à la fin des travaux, le fondouk va non seulement renaître, mais aussi bénéficier de tous les outils actuels de confort et de sécurité.


5 // QUARTIER MELLAH – ESSAOUIRA

Ce projet d’aménagement urbain, en cours d’étude, s’inscrit dans le cadre du projet de mise en valeur de la ville d’Essaouira. L’aménagement vise à créer une liaison franche entre le quartier Mellah et l’avenue Zerktouni, artère principale de la médina d’Essaouira, en dotant le quartier d’équipements publics, de lieux d’activité et d’espaces publics divers, tout en veillant à honorer la mémoire du lieu. Par ailleurs, le cadre bâti accueillera de nouvelles ouvertures pour l’éclairage et la ventilation naturelle des habitations, et ce, au niveau des façades aveugles anciennement adossées aux bâtisses délabrées qui se sont effondrées ou qui ont été démolies. Le projet fait la part belle, de surcroît, à la promotion de l’activité touristique en réservant plusieurs lots de terrain en front de mer à des maisons d’hôtes et des restaurants. Toutefois, l’attraction majeure de l’aménagement reste le belvédère qui longe la muraille offrant aux visiteurs une vue panoramique sur l’Atlantique.


A PROPOS DE RIDA HBIBI

Rida Hbibi, architecte

Né en 1982 à Khouribga, Rida Hbibi a grandi dans un environnement où il a d’abord appris à aimer le dessin avant de se passionner pour l’architecture suivant les traces de son père lui-même architecte. C’est ainsi qu’il intègre l’ENA de Rabat où il obtiendra son diplôme d’architecte sous le thème « Concevoir et bâtir durable » , après un cursus ponctué par un passage très enrichissant à l’ENSA Paris Val-de-Seine. En 2016, il décide d’ouvrir son agence à Marrakech, et ce, après avoir passé sept ans dans des agences d’architecture d’envergure à Marrakech et à Casablanca.

ARTICLE PAR La rédaction
CRÉDIT PHOTO

Les plus lus

# à lire aussi

Incubateur Stargate – Benguerir

L’incubateur Stargate de l’innovation permet d’accompagner les créateurs d’entreprises...

Théâtre d’Al Hoceima – Othmane Bardi

Le projet du théâtre d’Al Hoceima est conçu en...

Villa Loha – Marrakech

Niché à 15 minutes de Marrakech, le long de...

Siège du Parti du Progrès et du Socialisme – Rabat

Appelé «Le pavillon blanc» à Rabat, le siège central...