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mardi 21 septembre 2021

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Institut Français – Casablanca

ÉVANESCENCE PAYSAGERE AU COEUR DE LA METROPOLE

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Atelier Bertrand Houin

Prôner la discrétion pour faire parler évanescence paysagère. Tel a été le leitmotiv de Bertrand Houin, cet architecte paysagiste et enseignant de cette même discipline à l’Ecole d’Architecture de Casablanca.

UN JARDIN DANS LE SYSTEME DES PARCS DE CASABLANCA


Reprenant l’idée de système de parcs installés par Forestier et Prost pour l’implantation des grands parcs de la ville, le jardin de l’IFC s’insère dans la trame urbaine comme un des maillons importants de ce système.

En effet, implanté à la croisée du grand axe du parc de la Ligue Arabe et du boulevard Zerktouni, il constitue une respiration végétale connectée directement et magistralement au boulevard circulaire au même titre que de nombreux autres équipements aux espaces verts d’importance tels que l’école Molière, le lycée de jeunes filles du rond point de Roudani, le lycée de jeunes filles du rond point d’Europe, le lycée Lyautey, l’ancien lycée Lyautey avec le square Murdoch, le quartier des hôpitaux, les lieux de culte (église notre dame de lourdes sur le rond point d’Europe) et le parc de la Ligue Arabe.

UN OCEAN DE VERDURE POUR UN BATIMENT PHARE


Au coeur de Casablanca, dans le prolongement du parc de la Ligue Arabe et en façade sur le boulevard Zerktouni, le jardin de l’institut français se livre au regard du passant tout en s’effaçant respectueusement devant la façade en lames du bâtiment principal. Discret et silencieux, ce jardin disparaît pour laisser apparaître l’architecture. Le jardin n’est plus qu’une plaque végétale de 1m d’épaisseur formée par une tablette continue d’arbustes et un plafond composé par les houppiers des Pins d’Alep. Pins et arbustes cadrent la façade du bâtiment, laissant une transparence filée vers l’institut.

Cette transparence est la réminescence de celle du parc de la Ligue Arabe qui, grâce à des haies taillées basses et aux houppiers calés à 4m, laisse filer la vue de part en part du parc. Les haies se composent d’un mélange d’arbustes économes en eau. Myoporum, Coprosma, Myrte et Ciste composent alors une masse végétale au marbrage de feuillages. La diversité des espèces conférant alors au jardin une qualité écologique évidente.

Le jardin apparaît seulement lorsque le visiteur passe l’entrée principale. Le calepinage abstrait du sol, alors se dévoile et reprend le calepinage en lames de 1m de la façade pour dessiner un labyrinthe virtuel formant le jardin d’herbes. Pennisetum, Miscanthus, Stipa, Echium et Gaura s’épanouissent sans jamais trop dépasser de la nappe arbustive.

Ces scarifications herbeuses, à l’image des lignes de plantation dans les pépinières, permettent une recomposition permanente du jardin en accueillant des espèces nouvelles, récemment acclimatées. Echium et Miscanthus, inconnus dans les pépinières en 2010 sont depuis peu mis en scène dans ce jardin de vulgarisation botanique.

Les Pins s’installent eux aussi dans la continuité de la typologie végétale du quartier, prolongeant les bosquets de Pins du Parc de la Ligue Arabe et du quartier Palmiers. Espèce inconnue dans les pépinières en 2010 (on commence à en recultiver depuis peu), les sujets plantés à l’institut ont été débusqués au fin fond du pays. Faisant office de jardin d’avant-garde, ces espèces végétales mettent en valeur la capacité des essences locales et économes à composer un jardin noble et contemporain.

Bordures en béton gris et pavés noirs en quartzite typique des voieries de Casablanca tapissent le jardin. Ces pavés, introuvables actuellement (la carrière ayant fermée), sont mis à la décharge sur tous les chantiers de voirie. Ils constituent pourtant un patrimoine important de la ville de Casablanca au même titre que son architecture. Le choix a donc été fait de les remettre en valeur dans ce jardin. Les pavés installés proviennent d’un chantier de « réfection » de voirie dans le quartier.

UN JARDIN OUVERT SUR LA VILLE


Suivant la volonté du client d’installer une clôture de 2m de haut pour fermer le site, un saut du loup a donc été proposé. Cette typologie de clôture composée d’un fossé avec un muret et un grillage de 2m permet son effacement afin de laisser le regard filer librement du boulevard vers le bâtiment.

La clôture disparaît totalement donnant ainsi la sensation aux utilisateurs du trottoir d’être déjà dans le jardin. Un passage sur saut du loup accueille un portail imposant créant un sas d’entrée vers l’institut. Ce portail composé de 2 vantaux montés sur pivot sert tout à la fois de rambarde sur le saut du loup, panneau d’affichage du programme et éclairage de l’entrée. Il s’installe en continuité de matériaux de la verrière d’entrée du bâtiment, inox brossé et verre lui confère une sensation de légèreté et d’évanescence tel un mirage flottant sur un océan de verdure.


FICHE TECHNIQUE

MAîTRISE D’OUVRAGEINSTITUT FRANCAIS
MAîTRISE D’OEUVREATELIER BERTRAND HOUIN
SITUATIONCASABLANCA – MAROC
SURFACE COUVERTE2500 M2
LIVRAISON2011
COUT2 MDH

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© Lilia Sellami

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