Le Musée de Volubilis – Oualalou + Choi

L'architecture des contrastes

Tarik Oualalou & Linna Choi

Les architectes Tarik Oualalou et Linna Choi se sont vus remettre le Prix des Architectes Arabes 2022 pour le projet du Musée Volubilis. Cette remise de prix a été organisée par l’Association d’Architectes Arabes le 16 novembre 2022. 


Le Musée de Volubilis est un projet conçu par l’agence OUALALOU + CHOI et livré en 2011. Ce dernier se situe sur le site archéologique de Volubilis dans la région de Meknès. Le musée a été commandité par le Ministère de la Culture, dans une démarche de valorisation du patrimoine archéologique des vestiges romains. Le site de Volubilis, quant à lui, est une ancienne cité romaine, caractérisée par la cristallisation de fragments historiques superposés, témoins de plusieurs civilisations successives. Fondée au IIIe siècle avant J.C, Volubilis s’étale sur une superficie de 42 hectares et constituait un municipe fortifié de l’Empire Romain.

En plus de sa qualité de patrimoine inscrit à l’UNESCO, les caractéristiques intrinsèques du site ont conditionné certains aspects de la production architecturale, notamment l’implantation. En effet, le parti architectural de ce projet se distingue par un impact minimal sur le site, ainsi qu’une insertion progressive des volumes dans le sol, excluant ainsi toute émergence verticale sur l’ensemble du paysage. Le projet se développe dans l’horizontalité, à travers un langage architectural distingué par une succession de volumes purs à échelle humaine, placés le long d’un mur de soutènement et nichés en partie sous le sol.

La réflexion architecturale s’est également structurée autour de la scénographie et l’appropriation du paysage à travers les yeux du visiteur. La découverte sensorielle des espaces se construit autour d’un d’un fil perceptif, mettant en relation les espaces internes et externes, le musée et le site archéologique. Le parcours se fait par le biais d’un rapprochement oblique à l’espace, rythmé par des pentes douces, des escaliers structurants et coursives suivant le déploiement organique des courbes du terrain.

La matérialité du projet se fait suivant une démarche de mise en valeur des méthodes de construction locales, avec dans un premier temps, l’usage du béton inventé par les Romains, la pierre de Volubilis et le cèdre de l’Atlas. Dans un second temps, la phase de chantier s’est déroulée de manière artisanale par le biais d’une main d’œuvre locale.

Les espaces intérieurs se distinguent par des qualités de flexibilité, de polyvalence, de transparence et de pureté. La structure, célébrée et mise à nu , devient partie intégrante du projet et du paysage. Elle structure les espaces, rythme les façades, oriente le parcours et trace les bases de l’identité spatiale du musée. Les contrastes forts entre les éléments structurels massifs et le porte à faux flottant, posent les fondements d’une réflexion architecturale savante, générant ainsi une architecture essentialiste, aux inspirations brutalistes dénuées de superflu.


ARTICLE PAR Salma Afirat
CRÉDIT PHOTO Luc Boegly

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