Rétrospective : Rudy Ricciotti architecte

EXPOSITION PRESENTEE DU 11 AVRIL AU 8 SEPTEMBRE 2013 A LA CITE DE L’ARCHITECTURE ET DU PATRIMOINE DE CHAILLOT, PARIS

Dans l’actualité du MUCEM de Marseille, capitale européenne de la culture 2013, et de la nouvelle aile du Louvre dédiée aux arts de l’islam, l’Institut français d’architecture présente, à la Cité de l’architecture & du patrimoine (Paris), la première monographie consacrée au travail de Rudy Ricciotti depuis qu’il a obtenu le Grand Prix national de l’architecture, en 2006. Cette exposition est promise à l’itinérance, de Marseille à Berlin.


Minéralité, sensorialité, radicalité

Ancré à Bandol, Rudy Ricciotti, qui a commencé sa carrière en construisant de nombreuses maisons sur la Côte d’Azur, s’est ouvert ensuite à la commande publique, domaine dans lequel il a signé des œuvres majeures. Après la réalisation du projet fondateur du Stadium de Vitrolles, architecture monolithique dessinée en 1990 dans un paysage de bauxite, il va confirmer son travail pour l’expression de la « physicalité ».

Dès lors, et fort de sa double formation d’architecte et d’ingénieur, Ricciotti va pousser ses recherches sur la matière, expérimentant notamment la technologie du béton haute performance et autres bétons fibrés ultraperformants. La haute maîtrise technique va ainsi de paire avec l’expression plastique. Sensorialité de la peau et matérialité de l’ossature sont liées in solidum, exprimant l’indéniable force de son architecture. En témoignent les ouvrages structurels du Pavillon noir, centre chorégraphique de Preljocaj à Aix-en-Provence, du MUCEM, pièce maîtresse du port de Marseille, ou encore celle du stade Jean-Bouin à Paris, qui entre dans un rapport dialectique avec le Parc des Princes, icône des années ‘70.  

La détermination de l’architecte est la même, qu’il s’agisse de l’infiltration du contemporain en milieu historique, comme à l’abbaye de Montmajour, ou bien dans le bâtiment moderne des Grands Moulins de Paris, ou lors de l’extension d’un bâtiment des années ’30, comme la Philharmonie de Potsdam, en Allemagne. Autre forme d’enveloppe porteuse révélatrice de son travail, la  coque lacérée du Musée Cocteau, à Menton, dernière pièce livrée sur le littoral méditerranéen.

Retraçant les étapes de cette démarche constructive aux antipodes du minimalisme, l’exposition présente une vingtaine de projets réalisés ou en cours d’achèvement, de la maison Navarra toute en longueur sur les hauteurs de Muy-en-Provence, au Mémorial du camp de Rivesaltes, en passant par le Pont du Diable, à Gignac. L’exposition n’oublie pas non plus une série de projets de concours non gagnés. Ils confirment des prises de position fortes dans des contextes très différents : tels le Musée du quai Branly à Paris, le Louvre Lens, en pays minier, ou le musée Unterlinden, au cœur de la ville historique de Colmar.

Prototypes de structure, moules de portiques font partie du paysage de l’exposition mise en scène par l’architecte lui-même. Dans ce dispositif viennent s’intégrer une série d’aquarelles de l’artiste contemporain Yvan Salomone, qui suit le travail de Rudy Ricciotti depuis une vingtaine d’années, ainsi qu’un film inédit de Laetitia Masson, regard d’une cinéaste auteur sur un architecte auteur.

Francis RAMBERT est le Directeur de l’Institut Français d’Architecture (IFA) / Cité de l’Architecture et du Patrimoine et Commissaire de l’exposition « Ricciotti, architecte »


A PROPOS DE RUDY RICCIOTTI

Architecte et ingénieur, Grand Prix national d’architecture en 2006, Rudy Ricciotti est représentatif de cette génération d’architectes qui allient puissance de création et véritable culture constructive. Auteur de réalisations marquantes en France, avec notamment la salle de rock Stadium, à Vitrolles, le Centre chorégraphique national d’Aix-en-Provence d’Angelin Preljocaj, la restructuration des Grands Moulins de Paris pour l’université Denis Diderot Paris VII, le Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée à Marseille, ou l’aile des arts de l’islam pour le Louvre à Paris. Il construit également à l’étranger : la Passerelle pour la Paix, sur le fleuve Han à Séoul, la Philharmonie de Potsdam à Berlin, le Palais des Festivals de Venise, le musée d’Art contemporain de Liège (Belgique), ou encore la Philharmonie de Gstaad, pour le festival créé par Yehudi Menuhin.  


DISTINCTIONS

  • Grand Prix national d’architecture
  • Chevalier de la Légion d’honneur
  • Officier des Arts et des Lettres
  • Officier de l’Ordre national du Mérite
ARTICLE PAR Francis RAMBERT
CRÉDIT PHOTO © Gaston BERGERET

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